Diala Brisly – atelier avec des MNA

 

L’artiste syrienne Diala Brisly est intervenue en mars 2021 dans deux établissements, un Lycée Horticole et Paysager et une Maison d’Enfants à Caractère Social auprès avec des Mineurs Non Accompagnés (MNA)

Plusieurs rencontres préalables par visio ont été organisée pour introduire l’artiste et permettre aux jeunes de donner du sens au futur atelier., mais aussi pour permettre à  l’équipe pédagogique de s’approprier le projet.  Ce temps a permis de présenter l’artiste, le projet artistique et de répondre aux questions éventuelles sur le déroulé. Le second temps a eu lieu en classe avec les élèves et leur professeur principale. Chacun a pu se présenter : prénom, âge et pays d’origine. Un jeu de questions/réponses a aussi eu lieu. Toutes les questions étaient tournées vers l’artiste : son parcours et ses activités artistiques et professionnelles. Lors de la venue de l’artiste, un jeune a organisé son accueil et s’est chargé de lui faire découvrir l’établissement.

Découpage des temps d’ateliers de trois heures :

Jour 1 :

Présentation du thème « vous êtes ici » : parce que nous venons tous de quelque part et que nous allons tous vers un ailleurs, nous nous retrouvons ensemble à un endroit et un moment précis, que souhaitons-nous dire ou dessiner ?

Le premier enjeu a été de comprendre ce que voulait dire la consigne ; ce qui faisait sens pour chacun : mobiliser des souvenirs, se projeter et représenter ses émotions du moment. Le matériel a été mis à disposition : feuilles blanches, toiles de coton de 20×20 cm, peinture et feutres acryliques. Les tables ont été réunies. Certains sont restés à leur place et d’autres ont préférés une installation en collectif.

Après un temps d’hésitation et d’explications, les jeunes se sont lancés. Certains redoutaient de dessiner et sont passés par l’écrit. Très vite les premiers croquis ont vu le jour.

Diala s’est positionnée en « aidante », dans le sens où elle questionnait chaque jeune sur ce qu’il souhaitait faire. Elle a été « aidante facilitatrice » en faisant verbaliser chaque jeune  tout en le laissant faire, en l’encourageant. Puis, elle est devenue une « aidante ressource ». Les jeunes se sont petit à petit émancipés de leurs craintes et ont osé poser des questions sur la façon de faire ou le choix des couleurs.

Un seul jeune n’a pas participé. Il était inquiet au sujet d’un questionnaire à destination de l’ASE et de la préfecture. Il a été pris à part par l’enseignante pour l’aider à répondre au questionnaire sans participer à l’atelier.

– Jour 2 :

Chacun a repris sa toile et a ajouté des éléments. Ce temps de retour sur un travail réalisé la veille a permis aux jeunes de se montrer pointilleux et soucieux des détails. Des recherches sur des figures, tissus, objets rappelant les cultures d’origine ont permis d’apporter de nombreux éléments nouveaux aux créations réalisées la veille.

Certains ont réalisé une seconde toile en respectant le schéma de la veille. Le jeune qui n’avait rien pu faire la veille, a réalisé une toile avec l’enseignante. Ils ont tous les deux repris les consignes données et ont échangé pour réaliser une toile à quatre mains.

Jour 3 :

La troisième matinée a été bouleversée par des évènements météorologiques : la neige tombée dans la nuit n’a pas permis à tout le monde d’être présent.

Les toiles ont été terminées. Chacun a ensuite cherché des mots et des messages à transmettre en plus des toiles. Chaque mot et message ont été notés et conservés précieusement.

Jour 4 : Recherche d’un titre

Comme la veille, tous les jeunes n’étaient pas présents. Chaque jeune a donné un titre à sa création. Certains l’on fait dans leur langue, d’autres en français ou en anglais.  Les absents ont été joints en visio pour qu’ils puissent terminer. Après avoir donné un titre, chaque jeune a décrit son tableau (ce qui a été représenté) et chaque description a été enregistrée.

Les tableaux ont ensuite été agencés et reliés par un fil rouge qui symbolise le parcours et le partage. Les messages ou mots importants ont été placés en fonction des tableaux. Chaque jeune a participé. Les tableaux ont été posés comme s’ils allaient être exposés.

BILAN DE L’ATELIER Travailler l’ouverture culturelle (savoir) et le plaisir de partager (faire savoir)

L’atelier a permis d’associer « rencontre » et  « ouverture culturelle » grâce à une pratique artistique. L’art a joué le rôle d’ « outil » pour travailler, la connaissance de soi, l’estime de soi, la persévérance.

Les objectifs pédagogiques travaillés s’appuient sur le référentiel des pratiques artistiques : savoir, savoir-faire, faire et faire savoir autour d’un thème : le parcours (construction identitaire, voyage migratoire, apports culturels)

Les choix plastiques  (matériaux, couleurs, motifs…) et les erreurs (savoir-faire) liées à la nouveauté des moyens d’expressions (rares sont les jeunes qui ont une pratique du dessin) ont été appréhendés de manière positives et valorisante.  Chaque prise de position a permis aux jeunes et à l’artiste de se découvrir et d’échanger.

Sandrine Noé – enseignante coordnatrice de l’atelier