Parcours illustrés

 

Action menée avec la Fondation des Apprentis d’Auteuil, Lycée Lycée Horticole et Paysager Notre Dame des Jardins, Château des vaux 28240 Saint-Maurice-Saint-Germain, France.

L’artiste syrienne, Diala Brisly, réfugiée politique en France depuis 2018, a été invitée à animer une série d’ateliers avec des Mineurs Non-accompagnés (MNA) pris en charge par la Fondation Apprentis d’Auteuil.

Enseignante référente : Sandrine Noé – Enseignante CAIP – Chargée d’Animation et d’Innovation

Avec la participation de Sophie (éducatrice – pôle MNA) et Agnès (enseignante UPE2A)

objectifs :

  • améliorer l’apprentissage des langues, des cultures et l’inclusion sociale
  • développer une pédagogie inclusive et innovante
  • développer le partage culturel

 

2022 : témoignages : la l’iberté c’est quoi?

2021 : « Vous êtes ici maintenant » Atelier 1  (du 8 au 12 février 2021) 

Comprendre ce que signifie « être ici ». Tenir compte du passé, des projets d’avenir à un endroit et un moment précis. Penser un ou plusieurs mots, évoquer, provoquer des images et des émotions, dessiner, verbaliser, se raconter, mettre en scène la création. Les images ont permis aux jeunes à raconter leur propre histoire avec les formes et les motifs qui leur sont chers.

Pour visionner les vidéos de l’atelier 1 cliquer ici : préparation et exposition virtuelle

Atelier 2 ( du 24 au 28 mai 2021) avec la dessinatrice – illustratrice syrienne : Diala Brisly. Ateliers de trois heures  pendant 3 jours : « vous n’êtes pas un arbre »

Seconde intervention dans deux établissements, un Lycée Horticole et Paysager et une Maison d’Enfants à Caractère Social (une quinzaine de jeunes de 16 à 18 ans) auprès d’une classe de Mineurs Non Accompagnés
Ce deuxième atelier a eu lieu trois mois après le premier. Entre les deux temps, des échanges par visio ont eu lieu à la demande des jeunes, pour maintenir le lien créé lors du premier atelier.

Jour 1 : matériel  – feuilles blanches, toiles de coton de 50×80 cm, peinture et feutres acryliques.
Nous sommes tous mobiles malgré nos racines : que souhaitons-nous montrer  ? Que souhaitons nous faire ? Comment nous projetons nous dans l’avenir ?
L’exercice a été mis en lien avec les réalisations produites avec Bakar (intervenant-slammeur – travaillant autour des mots et des images). Les jeunes ont réalisé un croquis de ce qu’ils souhaitaient représenter. Ils ont demandé des conseils  à l’artiste.
Lorsque les croquis ont été réalisés, chacun a pris une toile.
Le travail de verbalisation s’est tourné vers des représentations symboliques. Diala s’est positionnée en « aidante ressource » sur les croquis puis sur les couleurs choisies. [la période de fin d’année pleine d’incertitude sur leur prise en charge a empêché deux jeunes de se mettre en action]

Jour 2 :
Chacun a ajouté des éléments. Un temps de retour a permis aux jeunes de se montrer pointilleux et soucieux des détails. Le temps de séchage de la peinture a été l’occasion d’interactions, d’entraide et de partage de musiques. Diala était sollicitée directement par les jeunes. Certains ont accepté des outils qu’ils ne souhaitait pas utiliser (pinceaux) au départ. L’un des jeunes qui refusaient de se mettre au travail s’est finalement lancé.

Sam – motivation et courageJour 3 :
Les toiles ont été terminées et chacun a proposé un titre et un message audio. Les jeunes étaient autonomes et savaient ce qu’ils souhaitaient faire.
Sur l’ensemble des trois matinées, d’autres classes sont venues voir le travail réalisé, dans une salle de classe transformée en atelier.

Bilan

Une exposition des travaux a permis de partager les travaux des deux ateliers avec l’ensemble de la communiauté éducative du Chateau des Vaux.  Les productions ont été installées et commentées par les jeunes de la classe mosaîque.

 

initiation à la musique arabo-andalouse

 

Projet « Musique arabo andalouse » à l’école Denis Diderot (Orleans La Source) dans le cadre du dispositif « cité éducative »

Face à l’autre : l’art de penser l’altérité

Favoriser l’accès aux activités culturelles pour aider les élèves à découvrir et partager de nouveaux points de vue sur leur expérience de la différence

Partenariat ASLA (Orléans) / Alcantara (Bourges) / REMELICE (Université d’Orleans)

lundi 24/01/02lundi 31/01/22lundi 21/02/22lundi 28/02/22 DISTANCIEL
lundi 07/03/22lundi 14/03/22 DISTANCIEL
lundi 28/03/22RESTITUTION (31 mais 2022 – dansl’école – avec les parents)

Pratique d’expression artistique pour aider les jeunes à interagir dans un milieux humain et culturel ouvert à l’autre.

En 2022, un projet sur la musique arabo andalouse a été mis en place grâce au dispositif des « cités éducatives ». Ce domaine artistique appartient à un champ culturel inconnus des enfants. C’est une pratique classique et ancienne réservée à une élite cultivée – comme la musique classique occidentale. Mais cette musique représente aussi l’ouverture à l’autre, sachant qu’à une période, l’Andalousie a été un exemple du Vivre Ensemble. Elle a bénéficié d’un rayonnement culturel extraordinaire et sa musique a été jouée et chantée à la fois en hébreu, en arabe et en espagnol. Faire découvrir cette musique aux enfants permet de leur apprendre à chanter tout en les aidant à penser la tolérance.

Des ateliers de chant ont été mis en place avec deux classes de CP de l’école Denis Diderot à Orleans-La Source. Ces enfants – à majorité d’origine maghrébine – n’avaient jamais été en contact avec cette culture qui est également très éloignée du quotidien professionnel et culturel des deux enseignants de la classe.  Les ateliers se sont déroulés sur le temps scolaire – tous les lundis. ILs ont été menés par Rachid Guerbas, fondateur de l’ensemble ALBAYCIN, hébergé par l’association EL QANTARA.

Ce projet a permis de mettre en conversation des enfants, des artistes et une culture à travers une musique savante. Il leur a fait découvrir une musique et une langue (l’arabe classique) et a contribué à changer la vision que les enfants pouvaient avoir de l’école et du monde. Il s’agissait en effet de les faire accéder à une culture susceptible de transformer leur rapport à leurs origines. Cette approche de soi par la culture doit les aider à penser leur présent et leur avenir.  C’est aussi important pour les artistes de se connecter avec de nouveaux publics tout en menant une action citoyenne en montrant leur travail dans des conditions et des lieux différents.

Le quartier :  travailler avec les enfants, parents, habitants pour agir contre d’exclusion urbaine et sociale

l’ASLA : association dont la mission principale est de développer le rapport à l’autre en questionnant les notions d’identité et d’appartenance.

Les enseignants – pour eux,  la musique arabo-andalouse est un support d’enseignement en lien avec l’apprentissage des langues (français et arabe) et la découverte du monde.

  • Apprendre le dialogue avec l’autre  pour l’inclusion sociale et scolaire
    •  la curiosité : facteur de réussite scolaire
    •  des langages et des langues (arabe classique)
    •  des références identitaires « savoir d’où l’on vient pour avancer »
  • Découvrir
    • l’art comme langage, comme forme d’expression, comme lien social
    • le rôle social de l’artiste 
    • des instruments (5 guitares, mandoline, percussion)
  •  Pratiquer : Répéter, persévérer
    • Deux chants connus de la tradition arabo-andalouse
    •  l’écoute et le rythme
  • Rencontrer
    • des artistes,
    • des cultures et des langues
    • des sons
  • Connaître :
    • une musique du patrimoine universel (répertoire arabo andalou / histoire / géographie)
    • un vocabulaire spécifique

Evaluation des résultats :

Objectifs Indicateurs de suivi Avant le projet à la fin
 Overture artistique et Culturelle Être capable de parler de la musique arabo-andalouse

 

Champ culturel totalement inconnu Capable d’identifier l’Andalousie sur la carte
Être capable d’écouter les sons Difficultés d’attention Nette progression
Être capable de chanter dans une autre langue

Apprentissage de deux chants du répertoire arabo-andalou (en arabe)

 

Quelques élèves reconnaissent juste quelques mots en arabe Oui

Travail très précis sur la prononciation Plaisir de chanter

Favoriser l’écoute et l’entraide dans un groupe Être capable d’écouter les autres/ Accepter les idées des autres /Être force de proposition Rituel pour favoriser les échanges présents dans les classes Discussion des enfants sur leur ressenti
Lien avec l’apprentissage de la langue française Nouveau vocabulaire

Lecture des paroles du chant

 

 

Découverte du nom des instruments, des pays, des époques (récit historique)

Traduction du chant en français

Approche du multilinguisme comme une richesse Positionner la langue française dans un environnement multiculturel Problématisation du lien entre la pratique artistique et la notion de culture familiale Introduction de la notion d’identité culturelle avec les ateliers d’arts plastiques sur les plats « étrangers »
Developer un sens critique Être capable de donner son opinion, comparer, argumenter  Débats sur la musique et son évolution dans l’aire géographique ciblée (Espagne / Maghreb)

Le retour des enseignants

Les deux enseignants des classes de cours préparatoire ont apprécié la posture pédagogique de l’intervenant, son professionnalisme et son écoute. Il a su s’adapter au jeune public et a su établir une relation très constructive avec l’équipe enseignante.

Ils ont noté le grand investissement des enfants qui ont fait de réels apprentissages en musique dans leur rapport à la langue (vocabulaire français et découverte de la langue arabe classique)

Ils apprécie l’ouverture culturelle (sur une culture à la fois proche et lointaine) et la rencontre avec l’autre (le musicien intervenant dans l’école)

Les enfants chantaient même en allant aux séances de sport : cette spontanéité est un indicateur du plaisir généré par la musique et l’atelier.

Le retour de l’intervenant :

Rachid Guerbas insiste sur:

  1. L’impressionnante implication des deux enseignants qui ont magistralement su se glisser dans l’univers mental de leurs élèves pour saisir pleinement les difficultés et les naturelles aisances d’absorption des enfants.
  2. De surcroit, ces deux enseignants ont une pratique musicale instrumentale et vocale qui a grandement huilé la courroie de transmission dans la mesure où ils ont été de bien précieux répétiteurs. Sans eux, le travail réalisé aurait nécessité bien plus de temps…et de moyens !
  3. Ce projet ne doit dévier en rien de son axe central et ouvrir l’école sur la cité : Ce projet doit être un marqueur et un moment d’une exceptionnelle intensité dans la mesure où il associe des enfants de CE1 au « défi » de se hisser aux cimes d’un ensemble musical de très haut niveau pour vivre la magie et la solennité d’une vraie scène face à un vrai public. Ce souvenir habitera à jamais ces enfants qui ont su donner le meilleur d’eux-mêmes car ils ont franchi la haute marche de l’exigence profonde et somme toute évidente de tout œuvre artistique.  Les différentes composantes de ce travail exigeant leur ont ouvert un univers insoupçonné distillant tout à la fois : le partage, le respect de soi et des autres, la connaissance et la reconnaissance, l’universalité …et in fine la magie de la proximité avec l’autre, avec tous les autres.