Modèles culturels

Modèles culturels – documents de synthèse

Dans un contexte d’enseignement centré sur des compétences immédiatement utiles, il est nécessaire de continuer à questionner les interactions avec la culture de l’autre.

La mondialisation et les échanges via internet ne cessent en effet de faire évoluer le regard sur autrui en multipliant les contacts entre les cultures et la pédagogie interculturelle doit rester partie intégrante de l’éducation aux droits de l’homme et de l’éducation contre l’intolérance et le racisme (Abdallah-Pretceille, L’éducation interculturelle, 2011)

Culture (lat. cultura) – « produits de l’interaction de l’homme avec son environnement et ses semblables » (Chaves, Favier, Pélissier, L’interculturel en classe, 2012 : 9).

Culture savante – ensemble des connaissances acquises par l’homme

Culture partagée – savoirs et pratiques transmis et partagés par un groupe social ayant une langue en commun. Cette culture contribue a la construction de l’identité collective (Galisson, 1991, De la langue à la culture par les mots :116 ).

Théorie de l’iceberg (Gary D. Weaver,1986) – ce modèle  visualise la difficulté de comprendre et de « voir » la culture sachant que la partie visible (correspondant aux opinions et comportements conscients, aux connaissances objectives) se double d’une partie invisible (implicite, difficile à modifier). Il stipule qu’apprendre interculturellement doit permettre d’être conscient de la partie cachée de son propre iceberg et être capable d’en parler.

Les dimensions culturelles (Geert Hofstede) – théorie qui repose sur l’idée d’une société qui accepte une distribution inégale du pouvoir entre les individus au sein des institutions et des organisations. La distance (hiérarchie) face au pouvoir démonte le processus de prise de décision. Ce concept conçoit la culture de façon statique, en tant que caractéristique d’une nation. Il néglige la diversité culturelle qui prévaut dans les sociétés post-modernes, les sous-cultures, les cultures mixtes et le développement individuel.

L’évitement de l’incertitude (attitude des individus par rapport à la prise de risque) indique dans quelle mesure une société se sent menacée par des situations incertaines et ambiguës et tente de les éviter en instaurant des règles et diverses mesures de sécurité.

L’individualisme/collectivisme – cadre social ou chacun est supposé ne s’intéresser qu’à lui-même ou  dans lequel les individus attendent de leur groupe d’appartenance qu’il veille sur eux.

La masculinité/féminité – le sexe détermine les rôles des hommes et des femmes dans la société.

L’orientation temporelle – décisions fondées sur la tradition et les événements du passé, sur les bénéfices présents ou sur ce qui est jugé souhaitable pour le futur.

Les composantes comportementales (Edward T. et Mildred Reed Hall)

  • Les messages rapides/lents : vitesse à laquelle un message transmis peut être décodé et exécuté (la familiarité est un comportement typique des personnes enclines aux messages rapides – titres de journaux, publicité, télévision). Ceux qui mettent du temps pour bien connaître les gens sont sensibles aux «messages lents»).
  • Les contextes élevé/faible : quantité d’informations des messages entre les personnes en train de communiquer. Des cultures de contexte élevé sont, par exemple, selon Hall & Hall, les cultures japonaise, arabe et méditerranéenne aux réseaux d’information larges, impliquant de nombreuses personnes dans des relations étroites. Dans ce cas, peu d’informations sont requises.  Les cultures américaine, allemande, suisse et scandinave sont des cultures de contexte faible avec des relations personnelles qui dépendent davantage de l’engagement de chacun et s’accompagnent d’un fort besoin d’informations.
  • La territorialité – organisation de l’espace physique. Elle concerne le sens développé par les individus relativement à l’espace et aux choses matérielles qui les entourent.
  • L’espace personnel – distance par rapport aux autres pour se sentir à l’aise – « bulle » que chacun transporte avec lui en permanence. Sa taille se modifie selon les situations et les personnes.
  • Monochronie/ Polychronie – structuration du temps personnel. Le rythme monochronique consiste à ne faire qu’une chose à la fois, suivre un programme. Dans les cultures monochroniques le temps est linéaire, maîtrisé. C’est une ressource que l’on dépense, gaspille ou économise. A l’inverse, la polychronie suppose d’effectuer plusieurs tâches en même temps. Dans ce cas,  les relations avec les autres ont la priorité sur le respect d’un agenda.

Les questions de Jacques Demorgon et Markus Molz : selon eux, les discussions sur la culture présentent trois contradictions majeures :

  • contradiction entre la stabilité culturelle et des structures culturelles durables d’une part, et les processus d’évolution et d’innovation culturelles d’autre part
  • la culture n’existe-t-elle qu’au travers de ses constantes interactions avec les autres cultures ?
  • contradiction entre la culture globale (universelle de tous les êtres humains – approche universaliste) et la culture individuelle (unique – approche relativiste qui reconnaît la diversité et s’intéresse à toutes les culture)

Porteuses de conséquences politiques :

  • Faut-il valoriser la diversité ou la considérer comme une menace pour la culture « originelle » ?
  • Faut-il traiter les individus de manière égale?

Selon Demorgon et Molz, la culture ne peut être comprise que par rapport au concept d’adaptation. Les humains sont en permanence mis au défi d’établir une relation durable entre leur monde intérieur (besoins, idées) et le monde extérieur (environnement). Ils façonnent leur environnement (assimilation) et sont façonnés par lui (accomodation). Pour ces auteurs, les individus prennent conscience de leur orientation culturelle lorsqu’ils se trouvent confrontés à des normes différentes et obligés d’élargir la gamme de leurs comportements et leurs habitudes (plus large est cette gamme, plus grande est l’insécurité).

Modèle de développement de la sensibilité interculturelle (Bennett, 1993) – principe de continuum de sophistication croissante dans la façon de gérer les différences culturelles, partant de l’ethnocentrisme (dénégation, défence, minimisation) et passant par des phases de plus grande reconnaissance avant d’atteindre l’acceptation de la différence (l’ethnorelativisme : acceptation, adaptation, intégration).

Le pluri- et le multiculturel définissent une société formée par des groupes culturels différents : juxtaposition, mosaïque de cultures sans relation entre elles.

L’interculturel – notion dynamique qui souligne une mise en relation des différents groupes, une articulation entre cultures différentes.

Acculturation – changements qui ont lieu à la suite de contacts de cultures. Processus normal d’évolution et d’adaptation dans un contexte de multiplication des contacts humains.

Les trois types de « centrismes »

  • L’égocentrisme, : attitude qui consiste à être centre sur soi.
  • Le sociocentrisme : attitude de l’adulte qui reste focalisé sur sa société, considérée comme la meilleure et supérieure aux autres.
  • L’ethnocentrisme : attitude collective qui accorde a son propre groupe une place centrale par rapport aux autres groupes (refus des formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, éloignées de ses propres valeurs. Source d’intolérance culturelle, religieuse ou politique est aussi, selon Pierre-Jean Simon, un phénomène sociologique normal, en tant que mécanisme de défense, a l’instar des stéréotypes et des préjuges, nécessaire a la survie de toute communauté ethnique.